Sarajevo et environs

Capitale encaissée entre quatre montagnes olympiques, où le bazar ottoman, l'avenue austro-hongroise et les traces du siège de 1992-1995 tiennent en douze kilomètres de vallée.

Sarajevo s'étire sur douze kilomètres au fond d'une vallée encaissée, le long de la Miljacka, à 500 mètres d'altitude. Les montagnes qui l'entourent (Trebević, Igman, Bjelašnica, Jahorina) ont accueilli les Jeux olympiques d'hiver de 1984 et restent aujourd'hui le poumon de la ville : station de ski en hiver, randonnée et cueillette de myrtilles en été. Cette géographie de cuvette explique tout, depuis la qualité de l'air médiocre en janvier à cause des poêles à charbon, jusqu'à la concentration extrême du tissu urbain qui rend la ville lisible en quelques jours de marche.

Notre agence locale conseille d'aborder Sarajevo par sa trame chronologique, visible dans la rue. On commence à Baščaršija, le vieux bazar ottoman du XVe siècle fondé par Isa-Beg Ishaković, avec ses ateliers de dinanderie de la Kazandžiluk, la mosquée Gazi Husrev-beg, le caravansérail Morića Han et la fontaine Sebilj. Trois cents mètres plus loin, on bascule dans la ville austro-hongroise : façades de la Ferhadija, cathédrale catholique, marché Markale, puis l'hôtel de ville Vijećnica en style pseudo-mauresque, incendié en août 1992 et rouvert en 2014. Encore plus à l'ouest, les tours de Marijin Dvor et l'avenue Zmaja od Bosne (l'ancienne "sniper alley") racontent la Yougoslavie socialiste et le siège de 1992-1995.

La cohabitation religieuse est ici physique : sur 400 mètres de la rue Ferhadija, on aligne une mosquée, une synagogue séfarade (la communauté juive est arrivée de Castille en 1565), une église orthodoxe et une cathédrale catholique. C'est la raison pour laquelle Sarajevo est souvent appelée la Jérusalem d'Europe. La guerre de 1992-1995 a fait basculer cette mixité : la ville compte aujourd'hui environ 80 pour cent de musulmans bosniaques, contre 50 pour cent avant le conflit. Les traces sont partout, des "roses de Sarajevo" (impacts de mortier au sol remplis de résine rouge) au tunnel D-B sous la piste d'aéroport, long de 800 mètres, qui ravitailla la ville assiégée pendant 1 425 jours.

Côté table, Sarajevo se mange avec les mains. Les ćevapi (rouleaux de viande hachée grillés, servis par dix dans un pain somun avec oignon cru et kajmak) sont le plat-signature : nos adresses sont Petica Ferhatović ou Željo, dans la Bravadžiluk. La burek, tourte de pâte filo à la viande, se prend chez Sač ou Bosna. Côté sucré, la tufahija (pomme cuite fourrée aux noix) et le hurmašica se dégustent dans les ašćinica, ces cantines traditionnelles servant au comptoir. Le café bosnien, préparé en džezva et servi avec un rahat lokum, se boit lentement, jamais en marchant.

À trente minutes en voiture, le territoire change de nature. Le mont Trebević, à 1 627 mètres, se rejoint par le téléphérique remis en service en 2018 ; on y marche le long de l'ancienne piste de bobsleigh olympique, désaffectée et recouverte de tags depuis les années 2000. Le parc d'Ilidža, à 12 kilomètres du centre, abrite les sources de la Bosna (Vrelo Bosne), accessibles à pied ou en fiacre depuis l'allée de platanes plantée par François-Joseph. Les villages de Lukomir, à 1 469 mètres sur le plateau de Bjelašnica, et d'Umoljani, accessibles par piste entre juin et octobre, conservent une architecture en pierre sèche et des bergers qui transhument encore. C'est la Bosnie rurale à une heure de la capitale.

Comptez trois jours pleins pour la ville elle-même, et un quatrième si vous voulez monter sur Bjelašnica ou marcher dans le canyon de Rakitnica. Sarajevo n'est pas une ville de monuments isolés à cocher, mais un tissu à arpenter quartier par quartier, en s'asseyant souvent.

À découvrir

Baščaršija et la dinanderie de Kazandžiluk. Le vieux bazar ottoman et sa rue des chaudronniers, où une dizaine d'ateliers martèlent encore le cuivre à la main pour faire džezve et plateaux. On y boit son premier café bosnien au Caffe Divan, dans l'ancien caravansérail Morića Han.

Tunnel de l'espoir et siège de Sarajevo. Le tunnel D-B, creusé en 1993 sous la piste de l'aéroport, se visite côté Butmir sur 25 mètres conservés. Le musée associé documente les 1 425 jours de siège avec cartes, vidéos et objets du quotidien.

Téléphérique et bobsleigh de Trebević. Montée en huit minutes à 1 164 mètres, puis marche d'une heure le long de la piste olympique de 1984, abandonnée dans la forêt et entièrement tagguée. Vue plongeante sur la cuvette de Sarajevo.

Sources de la Bosna à Ilidža. Au pied du mont Igman, le fleuve Bosna jaillit en plusieurs résurgences dans un parc aménagé sous l'Autriche-Hongrie. On y accède par 3,5 kilomètres d'allée de platanes en fiacre ou à pied depuis le terminus du tram 3.

Village de Lukomir sur Bjelašnica. À 1 469 mètres, le village habité le plus haut de Bosnie, accessible par piste de mai à octobre. Maisons de pierre à toits de bardeaux, troupeaux de moutons pramenka, et départ du sentier vers le canyon de Rakitnica, 800 mètres plus bas.

Quand y aller

Sarajevo se visite confortablement de mai à octobre. Mai et juin offrent des températures de 18 à 24 degrés, une végétation dense sur les montagnes et peu de pluie. Juillet et août montent à 28-30 degrés en journée mais redescendent à 16 degrés la nuit grâce à l'altitude ; c'est la meilleure période pour combiner ville et randonnée sur Bjelašnica ou Treskavica. Septembre et octobre sont nos mois préférés : lumières franches, forêts qui rougissent autour de Trebević, terrasses encore ouvertes jusqu'à mi-octobre.

L'hiver, de décembre à mars, est froid et neigeux : moyennes de -1 à 4 degrés, chutes de neige fréquentes en ville, jusqu'à 1,5 mètre sur Jahorina et Bjelašnica où la saison de ski tourne à plein. La cuvette piège la pollution en janvier-février, l'air peut être lourd plusieurs jours d'affilée. Novembre et début mars sont les périodes que nous évitons : ciel gris, températures autour de 5 degrés, pas encore de neige skiable, peu de lumière. Les villages de montagne comme Lukomir restent inaccessibles en voiture de novembre à avril.

Conseils pratiques

Comptez trois jours pleins pour Sarajevo intra-muros : un jour pour Baščaršija et la ville ottomane, un jour pour la ville austro-hongroise et les sites du siège (tunnel, Vijećnica, cimetières), un jour pour Trebević et Ilidža. Ajoutez un quatrième jour si vous voulez monter sur Bjelašnica, marcher jusqu'à Lukomir ou descendre dans le canyon de Rakitnica. L'aéroport international est à 12 kilomètres du centre, relié en 20 minutes par taxi. La ville se parcourt à pied et en tram, les distances étant ramassées dans la vallée.

Sarajevo est le point d'entrée logique d'un circuit bosnien. Nous l'enchaînons le plus souvent avec l'Herzégovine et Mostar au sud, à 2h30 de route par la magistrale M-17 qui longe la Neretva, ou avec la Bosnie centrale (Travnik, Jajce) à l'ouest, à 2 heures. Vers l'est, le parc national de Sutjeska et le massif du Maglić se rejoignent en 3 heures par Foča. Le confort hôtelier en ville est correct, du boutique-hôtel ottoman dans Baščaršija au quatre-étoiles contemporain à Marijin Dvor. La destination convient aux voyageurs urbains et historiens, aux amateurs de cuisine, et aux marcheurs si on combine avec une nuit en montagne. Familles avec enfants : prévoir le téléphérique de Trebević et les sources d'Ilidža, qui passent toujours bien.

Votre projet voyage

Trouvez votre meilleure période

Températures, pluie, affluence mois par mois pour planifier votre voyage en Bosnie.

Quand partir ?

Prêt(e) pour l'aventure ?

Laissez nos conseillers locaux créer votre voyage sur mesure.